vœux déroulés
Cadavre exquis, découpages savants et rimes
Les tracas de 2011 partent en fumée
Pliages et découpages bien organisés
Que tout se passe comme dans un rêve comme si le monde était léger
Comme les bulles de champagne rosé
Tout au long des mois, se laisser porter
sans jamais s'emporter
Mais surtout sans se presser
Non, non, ne plus courir par pitié !
Avoir un été… ensoleillé
comme le rire d'un enfant et la houle d'un champ de blé
Se laisser porter, carpe diem, jusqu'à la fin de l'année
Sans ratés !
Vivez-la comme vous voulez
Une année qui démarre, c'est comme une page blanche
C'est décidé pour cette année, je tiens le manche
En espérant que 2012 enclenche
des rêves fous en avalanche
En vous souhaitant de vous en payer une bonne tranche
(mais si, laisse tes mains sur mes hanches)
D'un jour à l'autre, sauter de branche en branche
et s'envoler vers un monde sans revanche
(Si je pose mes douces mains sur tes hanches…)
Je ne me pencherai pas devant vous toutes et toi, mais le cœur vous envoie une poignée d'affection franche
Phrases imposées
Elaborer un texte en y incluant une phrase imposée (écrite par quelqu’un d’autre)
« Un tien vaut mieux que deux tu l'auras »
La taille bardée de bombes, Abdel s'avance vers le marché. L'imam lui a promis, s'il meurt en martyr 7000 vierges l'attendront au paradis. C'est un peu beaucoup OK mais il n'est pas obligé de les consommer toutes en un seul jour !... Soudain son regard croise celui d'Aïcha. Qu'est ce qu'elle est belle... Elle lui sourit et soudain il abdique. Après tout un tien vaut mieux que deux tu l'auras ».
« Muadibh, son nom est un nom qui tue, car c'est lui le Khuizac Haderac »
Muadibh, son nom est un nom qui tue, car c'est lui le Khuizac Haderac. Issu de l'Atlas au Maroc, il a un visage taillé à coups de serpes, la fente de ses petits yeux noirs cruels me tétanise, bardé de cuir et le fouet à la main, il s'approche de moi un rictus au coin des lèvres ...
Sûr c'est la première et la dernière fois que je vais dans un club S.M. !
Danielle
Le salon
Je pénètre dans le salon feutré étrangement silencieux. De lourdes tentures jaunes retombent le long des portes-fenêtres à petits carreaux. Une épaisse moquette blanche recouvre le sol et me donne envie de me déchausser pour enfoncer, avec volupté, mes pieds nus, dans l'épais duvet. Au milieu de la pièce, contre le mur, trône une magnifique cheminée en pierres de Bourgogne blanches dans laquelle des bûches incandescentes crépitent. Je m'approche de l'âtre et une bienfaisante chaleur m'envahit. Une méridienne en velours grenat semble me tendre les bras. J'hésite un court instant avant de m'y asseoir. A mes pieds, sur un coussin mordoré, un chat blanc angora ronronne en s'étirant. Le propriétaire des lieux doit aimer les félins car sur les murs me font face quatre lithographies de Léonor FINI qui représentent toutes des chats. Au plafond, au milieu d'une rosace, un splendide lustre vénitien en cristal étincelle. Dans l'autre coin de la pièce un canapé d'angle en cuir marron, vieilli par le temps, fait face à une grande table basse néo-classique avec un dessus en verre. Sur cette table, dans un vase de faïence bleue, des roses jaunes et des iris bleus s'épanouissent. Ce salon est une bonbonnière, un nid, un cocon d'où l'on ne voudrait jamais sortir. Je m'allonge paresseusement sur la méridienne, aussitôt rejointe par mon nouvel ami : le chat.
Danielle
Un mot imposé : jaune
La salle à manger
Elle est petite mais de proportions harmonieuses. Les rideaux fluides de la fenêtre laissent voir le jardin. Une composition florale de saison occupe l’angle gauche de la pièce.
L’épais tapis gris-bleu est aux dimensions des lieux.
Une grande table de verre rectangulaire, nue et froide, touche le mur du fond. L’éclairage dur tombe d’un rail qui serpente au-dessus de la table. Quatre sièges de plexiglas pliés occupent l’angle près de la porte coulissante translucide qui mène, vraisemblablement à la cuisine. Dans l’angle opposé, une étagère basse est chargée de la vaisselle de porcelaine blanche impeccablement alignée.
Sur le grand mur de droite, deux grands cadres de bois clair débordent de photos d’enfants disposées pêle–mêle, pleines de mouvement et de joie.
C’est là que mon œil se pose.
Jeannine
La porte (mot imposé "révélation")
Bon, j'y suis, je ne peux plus reculer. Je suis tétanisée devant cette porte laquée bordeaux. Elle est belle, j'en conviens, avec sa poignée ouvragée en laiton. Pourtant ce n'est pas un coup de foudre esthétique qui m'arrête, c'est le stress... Un stress immense et incontrôlable. Derrière cette porte se trouve Guillaume. Nous nous sommes quittés il y a 10 ans sur un malentendu, après quelques mois d'une liaison passionnée. Il a été muté ensuite au Brésil et un orgueil réciproque et ridicule a achevé de creuser le fossé qui nous séparait. Depuis, les hommes qui ont jalonné mon existence ne sont jamais parvenus à me faire oublier notre histoire.
Magie de Facebook, il y a quelques jours, j'ai reçu un message de Guillaume plutôt laconique : « Je suis rentré, je voudrais te revoir ». Par mail, je lui ai demandé ses coordonnées et nous avons convenu de nous revoir ce soir, chez lui, pour diner.
Et me voilà, tremblante, le cœur au bord des lèvres. Qui vais-je découvrir derrière cette porte ? A-t-il beaucoup changé ? À quelles révélations dois-je m'attendre ? Et moi n'ai-je pas trop vieilli ?
Mon cœur bat la chamade, ma main tremblante hésite à presser la sonnette. Courage !... après des secondes interminables je me décide enfin. La sonnette égrenne quelques notes mélodieuses, la porte s'ouvre et.... il est toujours aussi beau ! En souriant, nous tombons dans les bras l'un de l'autre.
Danielle
La porte
Me voici enfin devant la porte, transie. Je sonne ; aucun écho de l’autre côté. Sur la droite, la plaque de cuivre brille et me renvoie mon image. Personne ne bouge. Le lourd battant de chêne patiné par le temps supporte un antique marteau de fonte en forme de main. Je l’actionne et le bruit sourd résonne dans la cage d’escalier. Le bas de porte est tout bosselé tant il a reçu de coups de pieds, mais ce n’est pas demain la veille qu’il cédera sous les assauts répétés des chaussures… Ah ! j’entends claquer les talons de petits pas pressés… Mais ce couloir est interminable !
Un cliquetis : la porte gémit en tournant sur ses gonds.
Jeannine
Abasourdie !
Je rentre d’un voyage de 6 mois à Barcelone. Séjour merveilleux, fantasmagorique au creux des sculptures de Gaudi.
Arrivée hier à Caen le cœur en peine comme arrachée à ma nouvelle patrie, tout ça pour reprendre mon trop tranquille travail de secrétaire de mairie...
Nostalgique, je ne vois qu’une tortilla comme m’a appris à les cuisiner Alberto pour me remonter le moral. Ne pas se lamenter, tenter de retrouver les saveurs espagnoles, si douces.
Désastre ! Pas d’œufs chez moi, il est déjà 21h00 et dans ce fichu pays tout le monde a fini de manger depuis bien longtemps, aucun espoir de trouver la moindre boutique ouverte.
Il ne me reste qu’à errer dans la cage d’escalier, à l’affût de quelques bruits ou lumières qui m’autoriseraient à déranger un voisin encore éveillé.
Ce n’est qu’arrivée au 8e et dernier étage que des claquements de talons, vibratos féminins et rais de lumière m’invitent à taper à la porte de droite.
Je ne peux le croire ! Un signe du ciel, la berlue ...? Face à moi la plus typique des barcelonaises (comme je n’en ai jamais croisé en 6 mois de vie diurne et nocturne dans cette ville) m’ouvre grand la porte d’entrée. Elle reste à m’observer avec ses deux yeux ronds soulignés de khôl, ses sourcils dessinés semblent s’interroger sur la nature de ma présence tandis que sa bouche en cœur rouge sang s’apprête à m’embrasser. Ses parures, son port de tête me subjuguent et m’émeuvent. Que cette femme si robuste et élégante vive dans mon immeuble tellement vieillot et en plus sous les combles me bouleverse. Ce cadre s’est trompé de peinture, arrêtez tout !
Derrière elle, déjà, une petite voix approche depuis le salon : « Bonsoir, vous désirez ?»
Luz, la professeure de flamenco fait place à ma jeune voisine étudiante en LEA.
Elle non plus n’avait pas d’œufs ce jour-là mais toutes les trois nous passâmes la soirée à chanter des coplas espagnoles et à taper du pied harmonieusement pour remonter mon moral haut haut haut.
Dorothée
A partir de quelques mots en vrac sur la feuille…
Tête à tête, le cheval et la poule se nourrissaient tandis que mot à mot, le vieillard égrenait la première page de l'annuaire. Entretenir la conversation repose ; mais parler est-il un exercice ordinaire ? Quelle drôle d'idée pour une nécrologie qui commence par "Apporter sa bonne humeur et son casse-croûte".
Jeannine à partir des mots de Dorothée
Elle se dit qu'il y avait anguille sous roche. Elle hésitait avançant puis reculant. Pierre qui roule… Elle n'était pas figée. Elle attendait, benoîtement, sans savoir qui ou quoi. Benoît peut-être? Les Benoît sont-ils des naïfs? Benoîtement? Bêtement? Et l'anguille? Que venait-elle faire là? Les anguilles roulent-elles? En tout cas, elles sont agiles, agiles comme un chat. Les chats, eux, avancent. Ils ne sont pas benoîts. Ils roulent aussi mais sur place. Ils se lovent, ronronnent. Ne cherchent rien sous les roches. Ne sont pas naïfs non plus. Mais ils savent ce qu'ils veulent, ils sont têtus, bougre d'âne!
Françoise à partir des mots de Claire
Sans cristalliser les instants tendres et rougeoyants, je leur accorde un espace généreux les soirs de lune noire, de solitude incurable… Alors, ondes de chaleur et retrouvailles croustillantes me rendent visite quelques heures, s'installent au coin de mon lit.
Comme il s'agite soudain !
et je ne me souviens qu'une journée sans plaisir semble longue comme un jour sans pain.
Dorothée à partir des mots de Danielle
Bergamote et Citronelle aiment la cannelle mais pas passer à la cocotte.
Citron, citrouille, dans une Citroën, c'est du pipo, de la poudre aux yeux, perlimpinpin et Pinocchio.
Le ciel bleu azur, de tels cieux, ça assure!
Toux remet à plus tard les feuilles fanées du soir.
Coin du feu loin des yeux près du cœur, raconter ses bonheurs, parler des embûches, ajouter du bois à la conversation pour réchauffer les corps. Sentir la fumée. Sortir du brouillard.
Benoît à partir des mots de Françoise
Tout va là, à la cruche, la cruche au thé.
J'ai bien envie de me carapathé!
Thé très bien
thé parti
thé où?
Je thé meuhhh!
Carathé
Décati, tout à trac
thé merais bien
me thélécommander
d'éxécuthé un de thé si jolis petits mot thés…
C'est Rathé
Claire à partir des mots de Jeannine
Ça va faire drôle
Est-ce que je garde ce vieux cendrier ébréché ? Demain, tout sera vraiment vilain ici, sans aucun de mes objets.
Quelle drôle d’idée que de constamment quitter un lieu, bêtement s’y être attaché au fil des mois alors qu’en m’y installant je m’y sentais si étrangère. Et dire qu’il va falloir tout recommencer, s’habituer, chasser les odeurs des précédents locataires, s’approprier ce nouvel espace, pas terrible finalement. Je devrais sans doute tout annuler, rester ici, je m’y sentais bien quand même, comme chez moi. « Chez moi », quelle valeur ? Nous sommes capables de posséder un « chez soi » intimiste, personnalisé, qui nous rassure et nous protège un temps puis Zou ! envolé dans les airs, ce cocon va se nicher ailleurs !
C’est un peu la magie, bien qu’il n’y ait aucune fée avec baguette multi-pouvoirs, super puissante qui m’éviterait d’emballer chacune de ces charmantes mais minuscules et fragiles tasses et sous tasses dans du papier journal, combler le carton avec d’autres petits objets moins délicats (pour limiter les risques de casse) piocher dans les 4 coins de la maison. Cette fée ne sera certainement pas là le jour du déménagement pour déplacer, porter, empiler les cartons plus ou moins bien empaquetés. Et nulle baguette qui empêche les souvenirs nostalgiques ou pensées amères de remonter à la vue de vieilles photos coincées dans les tiroirs, petits papiers glissés dans les livres ou objets oubliés.
Il y a quand même du bon. Cette maison commençait à se croire sérieusement chez elle depuis quelque temps, les carreaux se laissaient aller, les plantes se lâchaient sauvagement et les murs défraîchissaient à vue d’œil… Son heure a sonné !
A moi la nouvelle vie : jardin luxuriant, maison clinquante et ses effluves javellisées !
Dorothée
Le déménagement
Est-ce que je ferme ce carton tel un cercueil sur un passé aujourd'hui révolu ? Où sont-ils nos beaux jours, vers où me mènent nos lendemains pâlissant ? Je retrouve tant d'objets depuis longtemps enfuis dans des recoins de ma mémoire dans le fond de mes placards, comme les alluvions décantés du temps, reposant calmement sur leur inutilité alors même qu'une nouvelle vague m'emporte vers d'autres rivages. Tant d'objets, anges déchus, souvenirs altérés qui ne passeront pas la sélection naturelle du déménagement. Même en emportant tout, une part de moi restera ici, comme une empathie avec la pierre, comme une habitude de vie dont j'emporte la manière et l'esprit.
Nouveau départ, la boucle se boucle et se dénoue vers de nouveaux espoirs, emporter le nécessaire, laisser le superflu, et déjà imaginer les nouveaux volumes accueillant les objets de mes projets, déjà penser à jouir de plus d'espace, commencer à accumuler de nouveaux fouillis qui seront autant de brindilles qui font la douceur du nid. Et puis partir loin vite , avec veaux vaches cochons, fuir le bonheur éteint, fuir pour se retrouver. Déménager quand on n’attend plus rien de l'endroit ou l'on est , quand on attend tout de là ou l'on va.
Se casser vers d'autres cieux.
Benoît
