Musée Grévin. Drôle d’idée. Pas sûr que je l’aurais eue, moi.

Mais bon, je suis dans un groupe, alors doucement, je suis le programme.

Toutes ces personnalités de cire, sans vie, sans âme, sans expression, ne m’inspirent guère.

Il y a foule. Les uns et les autres s’extasient devant les ressemblances avec les célébrités ainsi immortalisées.

Personnellement, je ne suis pas marquée par la créativité du lieu. 

Toujours dans le groupe, je suis le mouvement.

Le guide nous fait entrer dans une petite pièce. Encore et encore, il fait entrer des personnes, elles, de chair et d’os, respirant et soufflant.

Ma bulle, mon espace vital, diminuent peu à peu. Il fait chaud.

Tout à coup, l’air de rien, alors que la voix du guide me berce plus qu’elle me  parle, les portes se referment, la lumière faiblit, les odeurs corporelles de chacun se font plus lourdes. L’air est pesant.

Il fait chaud et moite.

L’air est restreint.

Mon cœur commence à battre très fort.

Il fait noir.

Le plafond descend ou le plancher monte. Je ne sais plus.

Ma bulle explose. Je sens des corps tout autour de moi.

Mon cœur s’accélère. Mes poumons gonflent. L’air s’en va.

La tête me tourne. Je ne suis plus au musée Grévin. Je suis sous terre.

Les odeurs s’imposent de plus en plus.

Mes jambes flagellent. Je cherche à tâtons, une main amie.

L’air a fichu le camp, autour de moi et en moi.

Mon cœur s’emballe. Il veut de l’espace, du vide, des nuages.

Ma main touche une main. Elle est rude et rassurante. Je ne sais pas à qui elle appartient, je la serre. 

Cette fois, j’étouffe.

Je suis à la limite du supportable. Ma voix s’éteint au fond de ma gorge. 

Les portes s’ouvrent.

Je ne peux pas vous dire où j’étais, ni ce qui s’est passé.

  

Françoise L.