Ce séjour promettait d’être calme. C’était même l’idée de départ, prendre du recul, faire un pas de côté hors du quotidien. (1) 

L’année avait été des plus denses, avec une promotion pour Caroline qui lui avait imposé de prendre la direction de son équipe, un gros poste : 10 personnes à manager et la gestion financière des missions à gérer.

Quant à moi, je venais de quitter ma boîte après neuf années d’investissement tant financier qu’humain, non par désaccord avec l’équipe composée d’ailleurs de mes 2 meilleurs copains mais par choix personnel.

Il était temps de changer d’horizon, de repartir à zéro.

Je ne faisais pas une reconversion, je changeais radicalement de secteur industriel.

Nous avions travaillé non-stop ces derniers mois, la plupart de nos week-ends y étaient passés, nous avions tous les deux besoin de décompresser.

Avions choisi un joli bord de mer sur la côte Aquitaine, une location à 2 pas de la plage et à 2 kms du centre que nous pouvions rejoindre facilement à pied ou à bicyclette, puisque l’agence les avaient mises à notre disposition.

Les deux premiers jours, épuisés, nous les avions passé à « comater » et lire dans nos transats.

Mais le matin du troisième jour, l’envie me prit d’aller voir plus loin !

Oh, pas bien loin, juste dans le bourg, histoire de me rapprocher des estivants, de me sentir non pas en convalescence mais simplement en vacances.

Il ne me fallu que deux minutes pour reconnaître à la première terrasse de café, la présence des surfeurs, leurs cheveux décolorés, leurs boardshorts aux couleurs flashy ce qui me rassura sur la moyenne d’âge des vacanciers de la station !

Je risquais d’atteindre en peu de temps la décompression totale et la musique metal rock qui vibrait par les enceintes eut sur moi un effet de décharge électrique !

J’allais enfin prendre du recul, voire même de la hauteur,  j’allais prendre des cours de kitesurf !

J’en rêvais depuis longtemps, le moment était venu de faire un pas de côté hors du quotidien. Je repérais rapidement l’enseigne de l’école de kite et, tout en me dirigeant d’un pas assuré vers la boutique, je me répétais :

« Je peux, je peux, je peux. » (2)

 Odile

Merci à 

1) Serge JONCOUR pour la première phrase de L’écrivain national, paru chez Flammarion en 2014

et à 

2) Chloé HOLLINGS à qui nous avons emprunté la dernière phrase de son livre Fuck les régimes, un document Payot paru en février 2016