04 novembre 2015

Auray, jeudi après-midi. Marché bio.

  Auray, jeudi après-midi. Marché bio. Maïder monte les marches comme chaque semaine. Sous un vent à décorner les bœufs, un parapluie à la main, elle se dirige en luttant vers les fruits de mer. Des moules fraîches à trois euros le kilo, ça ne se boude pas. En grattant les coquilles, la marchande sourit comme toujours, le visage balayé par ses cheveux laineux de rouquine vénitienne. Maïder approche, tend son billet maladroitement, avant même de dire bonjour, de répéter la sempiternelle emplette. Le vent pousse les gens.... [Lire la suite]
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04 novembre 2015

Se donner de l'air

Un parmi les autres, mais unique dans la multitude. Une graine encore accrochée, avec toutes ses semblables, au noyau du pissenlit, mais bientôt elle le sait, elles le savent toutes, le grand souffle viendra qui les détachera, les enverra au loin, au près, dans toutes les directions. Lâcher prise, pas d'autre solution. C'est cette image qu'elle a en tête au réveil, ce matin-là. La sonnerie stridente l'a fait sursauter, elle a dû se tromper dans la programmation de l'appareil, hier soir. Il faut dire qu'elle n'est pas rentrée tout à... [Lire la suite]
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04 novembre 2015

De l'orage dans l'air

  La vue qui s’offre à moi me laisse sans voix. Dans le ciel déchainé de grosses volutes blanches et grises se noient dans l’obscurité. Comme disait ma grand-mère : il y a de l’orage dans l’air !   Le vent est déchainé et à ma grande stupéfaction une petite fille traverse le ciel accrochée à un parapluie. Son petit corps est cambré comme celui d’une danseuse. Ses cheveux blonds sont ébouriffés par le vent. Elle porte un pantalon et une veste grise d’où s’échappent les pans d’une chemise blanche. Son bras... [Lire la suite]
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03 novembre 2015

L'air de la mer

Comme chaque été nous délaissons la capitale pour prendre en famille nos vacances à Locmariaquer. Après un voyage en train trop long à mon goût nous arrivons enfin en gare d’Auray. Dès la sortie du wagon j’hume avec délice l’air breton. Adieu Paris et ses miasmes et vive la vie au bord de la mer… Le car Le Bayon nous attend et  nous conduit à un train de sénateur jusqu’au port de Locmariaquer. Nous débarquons enfin, rompus et heureux, les valises à la main. L’air vivifiant et fortement iodé de la mer inonde mes poumons au bord... [Lire la suite]
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03 novembre 2015

Manquer d’air….

Musée Grévin. Drôle d’idée. Pas sûr que je l’aurais eue, moi. Mais bon, je suis dans un groupe, alors doucement, je suis le programme. Toutes ces personnalités de cire, sans vie, sans âme, sans expression, ne m’inspirent guère. Il y a foule. Les uns et les autres s’extasient devant les ressemblances avec les célébrités ainsi immortalisées. Personnellement, je ne suis pas marquée par la créativité du lieu.  Toujours dans le groupe, je suis le mouvement. Le guide nous fait entrer dans une petite pièce. Encore et encore, il... [Lire la suite]
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03 novembre 2015

« De l'air »

Grande inspiration. Ouvrir les yeux. Le vertige reprend aussitôt. Je referme les yeux. Inspirer. Expirer. Je tente de calmer les battements de mon cœur. J'ai beau être accrochée à la rambarde, sentir le bois sous mes mains, rien n'y fait. Ce petit promontoire au dessus du vide m'a prise au dépourvu. La vue de la rivière si loin en contrebas me donne la sensation de tomber. Les yeux fermés, ça va un peu mieux. Je fais appel à toutes les images de plancher bien solide, de rez-de-chaussée, voire de grotte troglodyte dont j'arrive à me... [Lire la suite]
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03 novembre 2014

Sans voyelles la vie n’est pas la vie.

Sans voyelles la vie n’est pas la vie. Tu vois ? Elles sont là.  Le A, fort comme la voix d’un ténor, mais doux comme la peau d’un bébé. Le E, noir, avec l’odeur d'épices très piquants, que nos rappellent de les trois bâtonnets en forme d’épées que le forment. Le I, dur comme une pierre, salé comme une larme… triste à la fin.  Le O, fort, marron comme le tronc d’un arbre, sonore comme une vielle chanson de jazz. Et enfin, le U, délicieux comme un verre de jus d’orange frais, sublime comme les feuilles sèches de... [Lire la suite]
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03 novembre 2014

Douceur des voyelles

Il serait impossible de prononcer un seul mot sans l’aide des voyelles. Elles existent juste pour apporter un peu de douceur à l’âpreté des consonnes et en faire des mots déliés agréables à entendre.  Le A : pour moi il a la saveur du santal et la douceur du brocart Le E : il me rappelle les premiers balbutiements du bébé et l’odeur de l’encens Le I : dans sa majuscule il est droit comme un iris et à la texture de l’acier Le O : c’est l’étonnement ou le « ôm des bouddhistes ». Il est rond... [Lire la suite]
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03 novembre 2014

Le défilé des voyelles

Le A qui s’avance, campe sur ses deux jambes, son manteau rouge sur les épaules, il lance son cri de tête du défilé  Derrière lui, le E  glisse en silence, comme sur de la ouate  Puis arrive le I, grand avec son chapeau sur la tête mais surtout son rire énorme qui, par moment, couvre même le cri du A Le O, tout en rondeur, s’étonne de ce défilé un peu hétéroclite, mais n’en continue pas moins à manger son orange  Le U se dandine en fin de cortège, en sifflant pour écarter les consonnes qui, elles aussi,... [Lire la suite]
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04 décembre 2013

Alexandrie-alexandrins

À partir d'ANDROMAQUE de RACINE     HERMIONE Je ne m'en cache point : l'ingrat m'avait su plaire, Soit qu'ainsi l'ordonnât mon amour ou mon père, N'importe; mais enfin réglez-vous là dessus, Malgré mes voeux, Seigneur; honteusement déçus   Malgré la juste horreur que son crime me donne, Tant qu'il vivra, craignez que je ne lui pardonne.    ORESTE Pardonne,pardonne, t'as qu'cemot-là à la bouche Ca s'rait mieux de pas trop faire ta sainte-nitouche Il a su trucider ma famille et... [Lire la suite]
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