04 novembre 2015

De l'orage dans l'air

  La vue qui s’offre à moi me laisse sans voix. Dans le ciel déchainé de grosses volutes blanches et grises se noient dans l’obscurité. Comme disait ma grand-mère : il y a de l’orage dans l’air !   Le vent est déchainé et à ma grande stupéfaction une petite fille traverse le ciel accrochée à un parapluie. Son petit corps est cambré comme celui d’une danseuse. Ses cheveux blonds sont ébouriffés par le vent. Elle porte un pantalon et une veste grise d’où s’échappent les pans d’une chemise blanche. Son bras... [Lire la suite]
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03 novembre 2015

L'air de la mer

Comme chaque été nous délaissons la capitale pour prendre en famille nos vacances à Locmariaquer. Après un voyage en train trop long à mon goût nous arrivons enfin en gare d’Auray. Dès la sortie du wagon j’hume avec délice l’air breton. Adieu Paris et ses miasmes et vive la vie au bord de la mer… Le car Le Bayon nous attend et  nous conduit à un train de sénateur jusqu’au port de Locmariaquer. Nous débarquons enfin, rompus et heureux, les valises à la main. L’air vivifiant et fortement iodé de la mer inonde mes poumons au bord... [Lire la suite]
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03 novembre 2014

Douceur des voyelles

Il serait impossible de prononcer un seul mot sans l’aide des voyelles. Elles existent juste pour apporter un peu de douceur à l’âpreté des consonnes et en faire des mots déliés agréables à entendre.  Le A : pour moi il a la saveur du santal et la douceur du brocart Le E : il me rappelle les premiers balbutiements du bébé et l’odeur de l’encens Le I : dans sa majuscule il est droit comme un iris et à la texture de l’acier Le O : c’est l’étonnement ou le « ôm des bouddhistes ». Il est rond... [Lire la suite]
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03 décembre 2013

La moitié des répliques…

UBU ROI d’Alfred JARRY Le personnage de BOUGRELAS La Reine : Je suis bien malade, crois-moi, Bougrelas. Je n’en ai plus que pour deux heures à vivre. Bougrelas : que nenni ma reine. Le peuple a besoin de vous, ne nous laissez pas, je vous en implore. La reine : comment veux-tu que je résiste à tant de coups ? Le roi massacré, notre famille détruite, et toi, représentant de la plus noble race qui ait jamais porté l’épée, forcé de t’enfuir dans les montagnes comme un contrebandier. Bougrelas : peu importe... [Lire la suite]
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03 décembre 2013

PARTIE DE CARTES

– Madame de Maintenon, voulez-vous goûter ce délicieux rosé avant de commencer la partie ? – Oui, avec plaisir, les premiers frimas m’ont glacé le sang.  Henri : – Rodolphe, voulez-vous commencer ? – Oui Henri, je veux bien. Mme de M. : – Connaissez-vous les derniers potins de la cour ? Henri : –  Non, mais je brûle de les connaître. Mme de M. : – Figurez-vous qu’Isabelle de Beaulieu a été surprise dans une fâcheuse position avec le Duc d’Enghien qui roulait carrosse vers... [Lire la suite]
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18 novembre 2013

Galerie de portraits

Julien CRUDERDOUX Evidemment si  je me rendais dans une expo relative à la seconde guerre mondiale, c’était bien dans l’espoir de  me retrouver nez à nez avec le Général Cruderdoux. Je le reconnus tout de suite à sa silhouette osseuse qui dominait d’une tête les autres participants. Cet homme me laisse toujours une impression troublante. Il a un physique tout en arêtes mais il suffit qu’il vous sourie pour devenir solaire. Deux fossettes creusent alors son visage qui s’illumine sous la douceur de son regard.  Il... [Lire la suite]
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04 novembre 2013

Mathilde

  Maillol, Femme à l'ombrelle, Un rayon de soleil tente de percer les nuages, je vais enfin pouvoir enfin sortir. La plage de Cabourg n’est qu’à quelques mètres de la maison et j’adore me promener le long de l’esplanade et m’arrêter aux abords du Grand Hôtel où séjourne en ce moment Marcel  Proust. La plage immense est bien déserte aujourd’hui et les chevaux n’y courent pas comme habituellement. Je respire à pleins poumons l’air du large, quand tout à coup mon regard est attiré par une frêle silhouette qui déambule... [Lire la suite]
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21 octobre 2013

Il était d'une stature peu commune

Il était d'une stature peu commune, impressionnante qui était  accentuée par une voix de stentor. Cette voix qui sortait d'une bouche aux grandes dents, larges, cariées, se muait en haleine lourde et fétide. Heureusement, son sourire, bouche fermée, était lui, délicieux. Enfin, il ne faut pas exagérer: on en n'aurait pas mangé. Il faut savoir rester raisonnable pour ne pas risquer l'indigestion et les renvois intempestifs : berck, berck, berck... A le rencontrer, c'est bien son visage qui frappait l'esprit.   Et de... [Lire la suite]
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21 octobre 2013

Son corps dégingandé projetait des ombres inquiétantes sur le mur

Son corps dégingandé projetait des ombres inquiétantes sur le mur. Ses grosses mains agrippaient fébrilement une mallette déchirée et ses doigts longs et griffus tels des serres, se recourbaient sur la poignée dorée. Un pardessus élimé dissimulait des épaules voutées et un dos bizarrement cambré. Le vêtement trop long flirtait, en s’y mouillant, avec le caniveau. Deux grands pieds plats soutenaient  en chancelant  cette étrange structure, les orteils écartés prenant l’eau dans des chaussures éculées d’un... [Lire la suite]
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18 octobre 2013

Je le reconnus tout de suite… hélas lui aussi

Je le reconnus tout de suite, et hélas lui aussi ! Inutile de tergiverser, l’affrontement se révèle inévitable. Il est là, devant moi, avec son air de chien battu, son pantalon en velours marron tire-bouchonné et son inévitable pull noir à col roulé !... Hypocritement, je l’embrasse en lui disant « Georges, quel plaisir de te revoir ! ». Je reçois en échange un baiser mou et baveux et une étreinte maladroite Je me retiens d’essuyer ma joue !… Je pratique l’empathie de façon  naturelle, mais... [Lire la suite]
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