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Auray, jeudi après-midi. Marché bio.

Maïder monte les marches comme chaque semaine. Sous un vent à décorner les bœufs, un parapluie à la main, elle se dirige en luttant vers les fruits de mer. Des moules fraîches à trois euros le kilo, ça ne se boude pas. En grattant les coquilles, la marchande sourit comme toujours, le visage balayé par ses cheveux laineux de rouquine vénitienne. Maïder approche, tend son billet maladroitement, avant même de dire bonjour, de répéter la sempiternelle emplette.


Le vent pousse les gens. Maïder s'agripperait bien à l'étal, mais ces pauvres tréteaux menacent de céder. Alors elle se laisse faire, se laisse aller et détend le bras. Son parapluie l'entraîne vers le fond de la place pendant qu'elle esquisse quelques pas de danse et se sent décoller. Puis il se retourne en corolle et suit le vent qui les conduit vers la mer. Déjà, elle aperçoit Carnac, puis Quiberon, se retrouve projetée sur Belle-Île.


Accroupie sur une plage déserte, elle leva la tête vers le ciel tempétueux et cria : « Pas mal pour une soirée plan-plan, l'air de rien. »


Anne J.