Selon les moments de tristesse ou de joie, la rue changeait de costumes.*

Elle portait ses attributs de fête au temps du carnaval ; balayée, décorée de toutes parts de drapeaux, d’auvents, de guirlandes et de pantins multicolores, elle s’illuminait alors à l’image de l’effervescence citadine grandissante.
En revanche, à l’heure de l’Inquisition, elle revêtait la tenue noire des bourreaux. Ses murs suintaient, paraissaient plus épais, plus sombres aussi comme si la nuit avait envahi les lieux en plein jour. Ses ruelles hostiles semblaient plus étroites encore, devenant soudain de redou-tables coupe-gorges.

Mélanie
à partir d’une citation de Robert Sabatier *